Signes du temps

29 octobre, 2012

Couacs

Classé dans : Global — robertmarty @ 16:49

Ces derniers temps, dans le commentaire politique , il n’est question que de couacs qu’ils soient attribués au gouvernement ( Melle Duflot avec sa loi sur le logement social , Mr Ayrault avec son anticipation du jugement du Conseil Constitutionnel ) ou plus rarement à l’opposition (F. Fillon avec l’intervention de N.Sarkozy sur le plan social de PSA). Au point que l’Express.fr s’est penché sur le terme dans un articulet sans originalité se contentant de reprendre le texte du Trésor de la Langue Française (voir ICI). Peut-on aller plus au fond dans l’exploration de l’emploi de ce terme ? C’est ce à quoi je vais m’employer …

Couacs dans Global couac

Quand l’onomatopée incarne la métaphore

Un couac, c’est une « note fausse, discordante, produite par un instrument à vent ou un chanteur » (TLF). Il pointe qu’il y a dans l’orchestre (gouvernemental) un exécutant qui n’est pas à la hauteur de sa tâche ; il produit un autre son que le son attendu prescrit par la partition. Quand on relève un seul couac, l’exécutant est seul en cause ; cela peut arriver aux meilleurs  … mais qu’il y en ait plusieurs, c’est comme pour les auvergnats, ça peut poser des problèmes. En l’occurrence on peut mettre en cause le chef d’orchestre qui aurait mal composé sa formation … Et s’il arrive que lui-même produise une dissonance dans son discours alors la métaphore devient loi.

Les effets sont ravageurs  puisque chaque fois que l’on dit « couac » on incarne la métaphore dans le langage parlé. C’est encore plus fort : en disant « couac » on commet un couac et on produit de ce seul fait une icône sonore et par voie de conséquence un sentiment instantané de couac. Non seulement on énonce par la métaphore orchestrale l’idée de dissonance gouvernementale mais encore on l’illustre soi-même du seul fait qu’on l’énonce. Le signe est complet, il s’inscrit dans l’esprit du récepteur à tous les niveaux de pertinence : un sentiment, un fait, un concept. Efficacité garantie sur le panel de récepteurs le plus large qui soit.

Est-ce vraiment grave Chef ?

Cependant un ou même plusieurs couacs quand il y a un grand nombre d’exécutants qui n’ont pas joué ensemble depuis 10 ans prédispose l’auditeur à faire preuve d’indulgence. Tous les experts ont été des amateurs au début de leur carrière; les couacs sont accidentels donc remédiables …A moins qu’ils ne deviennent récurrents au point d’apparaître comme un mode d’expression privilégié pour ceux qui n’en pouvant plus d’être dans l’anonymat auraient choisi de se singulariser de la sorte.  Errare humanum est, perseverare diabolicum … Dans ces cas on attend du Chef qu’il élimine ces diables de canards …

Couacs  et partition

On observera  malgré tout que le couac n’altère pas la partition. La sonate à Elise, ce passage obligé de tous les apprentis pianistes ou les Jeux Interdits pour les guitaristes en herbe ont traversé le temps sans porter la moindre marque de la multitude des couacs malhabiles qui les ont affectés. Leur lisibilité reste intacte et leur message n’est pas brouillé. Solistes et concertistes peuvent toujours les exécuter et recueillir des tonnerres d’applaudissements. Peut-être parce que dans ces publics ils sont nombreux ceux qui ont dans leurs jeunes années maltraité bien des compositeurs …

Mais le couac en lui-même n’est pas fondamentalement mauvais. A l’égal du graffiti en peinture il peut figurer dans une partition originale comme on peut l’attendre dans Le bœuf  sur le toit de Darius Milhaud. Alors avant de le juger sévèrement soyons prudents :

car le couac peut-être un effet de l’art !

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